Les nouvelles rencontres de Brangues
J’ai testé 03/07/2014 0 commentaire

Les nouvelles rencontres de Brangues

Les férus de théâtre connaissent sûrement, les autres en ont peut-être entendu parler… Les Nouvelles Rencontres de Brangues, c’est le rendez-vous théâtral du Pays des Couleurs ! Jumelé cette année au Solstice de Brangues, cet événement propose plusieurs représentations théâtrales, ateliers, conférence-débats le temps d’un weekend.

Vous me direz, jusque là, rien d’extraordinaire… Je vous répondrai : quelques particularités toutefois !

À commencer par le lieu. L’ensemble des représentations se déroulent dans les jardins du Château de Paul Claudel à Brangues. Un château privé, fermé au public qui nous offre exceptionnellement le privilège de profiter d’un superbe parc arboré pour un cadre très bucolique et « culturel ». Premier point, non négligeable.

Deuxième point encore moins négligeable : les comédiens. Car ces représentations sont jouées par ni plus ni moins que les comédiens de renoms des Tréteaux de France depuis déjà 3 ans ! Autant dire qu’on a peu souvent la chance de voir de telles représentations dans la région ! Seuls les parisiens ou encore les lyonnais peuvent se vanter d’aller au théâtre n’importe quand pour y voir des pièces jouées par des comédiens professionnels. Soit dit-en passant, les pièces amateurs offrent également d’excellents moments de divertissement !

Bon, sur le papier, tout ça à l’air très bien… Qu’en est-il concrètement ?

Pour l’année 2014, les Nouvelles Rencontres étaient programmées les 27 – 28 et 29 juin (elles se déroulent toujours le dernier weekend de juin ou le premier weekend de juillet). Durant cette période, deux pièces ont été présentées : « La Leçon », d’Eugène Ionesco et « Le Jeu de la Guerre ».

Mon choix s’est porté sur « La Leçon », mise en scène par Christian Schiaretti et interprétée par Robin Renucci, Jeanne Brouaye et Yves Bressiant. La séance était programmée le Dimanche 29 juin à 17h. J’ai pu me procurer mes billets directement à l’Office de Tourisme de Morestel et les quelques retardataires ont pu en acheter directement sur place. Arrivée à Brangues, devant le Château de Paul Claudel, un parking avait été aménagé dans le parc et on ne pouvait pas manquer l’immense chapiteau abritant la scène.

Pour être certaine d’être placée correctement, j’étais déjà sur place à 16h30. En peu de temps, d’autres personnes avaient eu la même idée et nous patientions avant l’ouverture du chapiteau. A 17h00, on nous ouvre les portes et nous pouvons prendre place à l’intérieur de cet espace intégrant une scène mobile ainsi que des places en gradins. J’ai pu me placer au premier rang, mais l’aménagement étant très bien pensé, peu importe son emplacement, le spectateur était sûr de bien voir la scène sans aucune gênes. Après un mot d’introduction et de bienvenue de la part de Robin Renucci, la pièce commence…

Je dois quand même préciser que je ne suis pas moi-même une érudite de Théâtre. J’en ai pratiqué un peu étant jeune, j’ai pu voir quelques pièces, lu quelques ouvrages, mais il faut dire ce qui est : je n’y connais rien ! Et je n’avais encore jamais vu de représentation jouée par des comédiens professionnels. Je ne savais donc absolument pas à quoi m’attendre…

Et bien je n’ai pas été déçue ! Les 80 minutes de scène ont filées sous mes yeux sans je m’en rende compte et j’ai été littéralement « absorbée » par le jeu de ces comédiens talentueux qui « étaient » leur personnage. L’histoire : « Cette leçon se donne à trois : un professeur d’allure classique, une élève docile, une bonne rigoureuse et austère. Rendez-vous est pris, chez le professeur, pour préparer « mademoiselle » au « doctorat total ». La progression du savoir sera méthodique : géographie, arithmétique, linguistique et philologie. Au tout départ, les échanges respectent le stricte cadre des codes sociaux induits par ce type de relation. Bien sûr, il y a la timidité du professeur, la naïveté de l’élève et les interventions intempestives et inquiétantes de la bonne qui « interpellent » le spectateur, mais c’est par le langage que tout va basculer. S’affoler. Le professeur s’empare peu à peu de la parole et la leçon prend un tour magistral et sadique. Son objet se fait de plus en plus improbable. Les mots s’animent alors en séries obsédantes, se répètent jusqu’au mot de la fin, qui apparaît alors comme l’instrument d’un crime imaginaire perpétré sur scène : « Dites : couteau… cou… teau… couteau… cou… teau… » Dans ce drame comique, le langage est comme un terrain miné qui, sous ses apparences de convention et d’échange, devient l’arme abstraite d’un asservissement. Si la leçon ne nous enseigne rien, elle fait plus essentiel : elle nous met en éveil. – TNP »

Ce drame comique si bien interprété m’a fait rire et m’a tenu en haleine jusqu’au bout. Je pense d’ailleurs n’avoir pas été la seule aux vues des applaudissements assourdissants venant saluer les comédiens et toute l’équipe des Tréteaux de France à la fin de la représentation.

Comme quoi, nul besoin d’être un spectateur averti en théâtre pour pouvoir apprécier pleinement une pièce et des acteurs de renom ! En conclusion : les Nouvelles Rencontres me reverront l’année prochaine !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *